08.09.2007
Après Justine et Olivier, qui fera rêver la Belgique ?
Si, pour l’instant, le tennis belge vit des très beaux jours grâce aux frères Rochus, à Steve Darcis, Kristof Vliegen et bien sûr Justine Henin. L’avenir pourrait être plus sombre. Nos champions ne sont pas éternels et devront, un jour, raccrocher leur raquette. Qui va leur succéder ? Depuis le début des années 2000, Kim Clijsters et Justine Henin font rêver les Belges. Elles se sont affrontées en finale de Grand Chelem, se sont succédées sur le trône de numéro un mondiale, ont remporté les plus grands tournois…Bref, elles ont dominé le circuit féminin.
Les garçons sont peut-être un peu moins brillants mais ne déméritent pas. Olivier Rochus, Kristof Vliegen et Xavier Malisse sont régulièrement dans le Top 50 mondial, Xavier et Olivier ont remporté le double à Roland Garros. Les récents résultats de Steve Darcis sont aussi une preuve de la bonne santé du tennis belge.
Mais le sport de haut niveau est dangereux pour la santé. Les cadences d’entraînement et l’enchaînement des tournois usent. Kim Clijsters en a fait les frais. Elle a souvent déclaré que son corps n’avait plus 23 ans. La joueuse flamande a d’ailleurs raccroché la raquette cette année à même pas 24 ans. Justine aussi n’y échappe pas, pour preuve ses nombreuses blessures.
Quel avenir ?
Les responsables des deux fédérations belges refusent de parler d’une absence de relève. « Déjà Justine est toujours là. Ensuite, nous on est là, nous avons une structure qui fonctionne et qui a fait ses preuves. S’il y a un jeune doué, on sera là pour l’encadrer. Et puis nos jeunes ne débrouillent pas trop mal alors qu’ils ont le handicap d’aller encore à l’école » répond Jacques Leriche, directeur technique de l’AFT.
« Kirsten Flipkens a été dans le Top 100 et elle a le potentiel d’y revenir mais elle a été beaucoup blessée. Cela ne l’a pas aidé. Steve Darcis est aux portes du Top 100 aussi. Et il faut laisser le temps à des joueuses comme Tamaryn Hendler et Yamina Wickmayer d’arriver » renchérit Bertrand Dewamme, directeur technique de la VTV.
Tous sont aussi d’accord pour dire que la génération de Justine, Kim, Olivier, Kristof et Xavier est exceptionnelle. « Kim et Justine sont une exception » déclare Bernard Dewamme.
Néanmoins, si on regarde le classement WTA, le constat n’est pas très rose. Certes la numéro un mondial, en l’occurrence Justine Henin, est belge, mais il faut descendre jusqu’à la 155ième place pour trouver une autre belge, Caroline Maes et au-delà de la 200ième place pour la 3ième, Kristen Flipkens.
C’est la première fois depuis bien longtemps, que la Belgique ne compte qu’une seule représentante dans le top 100. Avant la génération dorée de Henin-Clijsters, la Belgique pouvait compter dans ses rangs : Dominique Monami, qui a atteint la 9ième place mondiale, Sabine Appelmans qui a été la première belge a entré dans le top 20, Els Callens qui fit partie des 50 meilleures joueuses et fut une très bonne joueuse de double pour preuve sa douzième place au classement mondial et sa médaille de bronze au Jeux Olympique de Sidney avec Dominique Monami….
Mise en perspective
Arriver au plus haut niveau, n’est pas chose aisée. Il y a beaucoup d’aspirants et plus d’élus. Le talent, la volonté ne font parfois pas tout. Les spécialistes estiment que seulement 6% des individus sont fait pour affronter la compétition, les autres même s’ils sont très doués sur le plan sportif ne pourront pas faire face à ce que la compétition va leur procurer.
Voilà de quoi savourer d’avantage les exploits de nos p’tits Belges.
Perrine Dagonnier
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07.09.2007
800$ pour une heure avec Bolletieri
Nick Bolletieri est aussi célèbre que son camp d’entraînement de Bradenton en Floride. Le sorcier de Bardenton a coaché des joueurs qui ont marqué l’histoire tel que Mary Pierce, Maria Sharapova, Anna Kournikova, André Agassi… Son école fourmille sans cesse de jeunes qui aspirent au sommet du tennis mondial. Des milliers de joueurs, du débutant à Maria Sharapova, numéro 2 mondial, foulent constamment la quarantaine de terrain qui composent le centre. Bolletieri a une méthode bien particulière pour faire tourner son usine à champion. Il mise tout sur le mental et sur la condition physique. L’objectif des joueurs : taper le plus fort et le plus longtemps possible dans la balle. En Europe, les entraîneurs insistent surtout sur la technique et la stratégie.
Bolletieri recrute des joueurs de tous âges et de toutes origines mais qui ont tous du talent et du potentiel. Ces derniers sont encadrés gratuitement. Ils doivent néanmoins donner un pourcentage de leurs gains à l’académie. A côté de grands talents, des joueurs moins bons viennent s’entraîner à l’école Bolletieri. Ils n’ont aucune chance d’arriver au haut niveau mais ils payent le prix fort. C’est près de 800$ pour une heure avec Nick Bolletieri.
Tamaryn Hendler a 14 ans. Elle est considérée comme l’espoir numéro un du tennis belge. Elle s’entraîne la moitié du temps aux Etats-Unis, dans la célèbre académie de Nick Bolletieri et au centre AFT de Mons. Deux mondes différents mais complémentaires. Tamaryn fait partie des chanceuses, elle a reçu une bourse et le droit de s’entraîner avec Nick lui-même. Un gage de réussite ?
Perrine Dagonnier
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06.09.2007
L'école française
Pour mieux cerner la concurrence à laquelle les joueurs belges font face, nous avons décortiqué le système de nos voisins français. Un système finalement fort semblable au nôtre. Et qui porte ses fruits. La France est l’une des nations les plus performantes dans le monde du tennis. Les 9 victoires de l’équipe de France en Coupe Davis, dont 3 ses 15 dernières années, et les deux titres de l’équipe féminine en Fed Cup, les 11 Françaises et 13 Français présents dans les 100 meilleurs mondiaux sont des signes de la bonne santé du tennis français.
La France, tout comme la Belgique, mise beaucoup sur la détection et la formation des jeunes talents. La Direction Technique Nationale (DTN), branche de la fédération française de tennis (FFT) chargé du haut niveau, a mis sur pied un système complet pour parvenir à former des futurs champions.
Concernant les plus jeunes joueurs, âgés entre 7 et 10 ans, la formation se passe dans les clubs. Les meilleurs éléments se voient proposer un programme spécial d’entraînement et de tournois.
Chaque ligue départementale possède son « Groupe Avenir Régional », composé des meilleures filles et garçons de 10 à 13 ans. Le but est de mener certains d’entre eux aux Jeux Olympiques et à Roland Garros en 2016.
A plus court terme, certains intégreront les « Pôles France ». Ces centres regroupent l'élite du tennis français chez les jeunes. Les conditions d'entraînement et d’encadrement correspondent aux exigences du haut niveau : préparation physique, suivi médical et psychologique.
Une formation scolaire est aussi dispensée même si elle n’est pas aussi contraignante qu’en Belgique. Kristina Mladenovic, championne de France et d’Europe en moins de 14 ans, est l’un des grands espoirs du tennis français. A ce titre, elle fait partie du Pôle France de Roland Garros. Kristina suit des cours par correspondance ce qui lui permet de jouer 4 heures par jour et de bénéficier d’1 heure de préparation physique quotidienne.
Une fois le bac en poche, la fédération française, tout comme l’AFT et la VTV, proposent d’aider les joueurs et joueuses à faire leurs premiers pas sur le circuit professionnel. Un système qui marche bien au vu des bons résultats de Gael Monfils, Paul-Henri Mathieu et bien sûr Amélie Mauresmo.
Perrine Dagonnier
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05.09.2007
Itinéraire d'un champion belge
Comment Justine, Kim, Oliver, Kristof et Xavier sont-ils devenus les champions qu’ils sont aujourd’hui ? Ont-ils eu de la terre battue dans leur biberon ? Une raquette de tennis leur faisait-elle office de hochet ? Presque… En Belgique, les enfants peuvent commencer le tennis à partir de 3 ans. Ils ne prennent pas toute suite la direction des courts avec une raquette en main mais suivent un programme de psychomotricité, une manière ludique et adaptée d’apprendre les premières base de tennis.
A 6 ans, les petits joueurs passent au mini-tennis. Une conception du tennis mise au point en Belgique et qui s’est depuis développée dans le monde entier. Le matériel est adapté à l’enfant : les balles sont plus légères, les raquettes et les dimensions du terrain plus petites. L’aspect amusant est toujours mis en avant même si les enfants peuvent faire leurs premiers pas en compétition.
Vers 10 ans les apprentis champions passent sur grands terrains comme leurs idoles.
Cet apprentissage peut être suivi dans les clubs du royaume. La fédération, dans son projet de développement de haut niveau, organise des entraînements et l’encadrement des jeunes joueurs les plus prometteurs afin de développer leurs dons pour le tennis.
Aussi bien chez les Flamands que les francophones, les sélectionneurs parcourent les clubs, les tournois, les écoles de Belgique à la recherche de futurs talents. Dès 7 ans, les plus doués entrent dans le giron fédéral : tournois, entraînement tennis et physique,… rien n’est laissé au hasard. Le but est de former des joueurs capables d’atteindre le plus haut niveau.
Grâce à ses sélections, les deux fédérations peuvent puiser dans un vivier assez large de joueurs. Au final, à partir de 12 ans, les meilleurs éléments entrent au centre ligue qui leur permet de jouer au tennis à haut niveau et de continuer leur scolarité. Cette structure de formation pyramidale permet aux entraîneurs de bien connaître les joueurs et leur potentiel.
Une fois passés tous les échelons, les apprentis champions sont normalement parés pour intégrer le circuit professionnel. Les deux fédérations belges s’investissent aussi dans ce passage très difficile de la cour des juniors à celle des grands.
Perrine Dagonnier
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04.09.2007
Témoignage: "Pas assez fort!"
Bertrand Devillers aurait peut-être pu être de la génération dorée des Rochus et autres Henin …mais il a choisi une autre voie.
Bertrand Devillers a maintenant 27 ans. Il est ingénieur et fait actuellement un doctorat à l’Université Catholique de Louvain. Il profite de son temps libre pour jouer au tennis. « Je fais d'ailleurs une très bonne saison cette année, et je vais peut être atteindre mon meilleur classement » sourit Bertrand. « C'est très différent de l’époque où j'étais adolescent. Je joue pour le plaisir et donc je n'ai plus la même pression » continue-t-il.
Quand il était plus jeune, Bertrand était l’un des meilleurs joueurs de sa catégorie. « J’ai été champion de Belgique en moins de 16 ans » raconte-t-il. Il semblait être promis un avenir prometteur en tant que joueur de tennis même s’il n’est jamais entré au centre ligue. « De toute façon, je n’aurai pas accepté. J’y ai été deux-trois fois comme sparring-partner d’Olivier Rochus. Mais je ressentais une trop grosse pression, je n’aurai pas aimé ça, ni être ‘tennis’ 24 heures sur 24 » précise-t-il
Pendant ses humanités, Bertrand n’a pas de privilège. Il suit un horaire complet tout en s’entraînant plusieurs heures par semaine. Une fois son diplôme de secondaire en poche, surgit le dilemme : le tennis pro ou l’unif’ ?
Il choisira une option intermédiaire. « Je suis le plus petit d'une famille où tout le monde a fait des études universitaires. Je n'ai jamais vraiment imaginé ne pas poursuivre des études » explique Bertrand. Mais pas question d’abandonner pour autant le tennis. Aux Etats-Unis, le sport de haut niveau a une grande place dans la vie universitaire Il rejoint l’université d’Oregon où il étudie mais joue aussi beaucoup.
A la fin de l’année universitaire, il estime qu’il n’est pas assez fort pour tenter sa chance sur le circuit professionnel. Pas très satisfait non plus du niveau des études qu’il a entamée, il revient en Belgique et entreprend des études d’ingénieur.
Quelques années plus tard, bien avancé sur le plan professionnel, il continue à taper la balle. On ne se débarrasse pas si facilement d’une passion mais il la vit davantage pour son unique plaisir. « Je n’ai aucun regret. Je referais sans hésiter le même choix. Le fait d'avoir poursuivi mes études universitaires m'a apporté beaucoup au point de vue humain, personnalité…De plus, je pense avoir toujours eu des capacités dans les études, donc cela aurait été con de gâcher cela » conclut Bertrand. Comme quoi, il y a plusieurs manières de vivre son amour pour la petite balle jaune.
Perrine Dagonnier
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03.09.2007
Témoignage: "La fédération n’est pas le seul chemin vers la gloire"
Benjamin, B-15/2 (147ième belge), 16 ans, vient d’être sacré champion francophone de sa catégorie. Alors que les Henin, Nadal, Federer, Sharapova essayeront de conquérir le trophée de l’US Open, il tentera de devenir champion national.
Malgré des résultats prometteurs, Benjamin n’est pas au centre tennis-études de l’AFT et il ne reçoit aucune aide de la part de la fédération. C’est sa famille qui finance sa carrière : entraînements, tournois à l’étranger, matériel,… « Cela coûte très cher. Rien que pour un tournoi à l’étranger, nous déboursons près de 2 000 euros. Heureusement, en privé, nous avons un sponsor» nous explique Jocelyne Devos, la maman de Benjamin.
Le ministre des sports de la Communauté française, Claude Eerdekens lui a attribué le statut d’espoir sportif. Comme les joueurs du centre AFT, il a une grille horaire plus légère et peut s’absenter une quinzaine de jour pour partir en tournoi à l’étranger.
Mais à côté, l’école reste très importante pour ses parents. « Il est premier de sa classe, donc pour l’instant tout va bien. Mais il sait très bien que si ses notes baissent, les heures d’entraînement aussi » confirme sa maman. Benjamin est aussi conscient de la nécessité d’avoir un diplôme. Il envisage déjà les études qu’il pourrait entreprendre si sur le circuit professionnel, cela ne marchait pas. « Après mon diplôme, je tenterais ma chance sur le circuit pendant un ou deux ans. Si jamais cela ne fonctionne pas je m’orienterai vers des études d’ingénieur ou de kiné » assure-t-il.
Pour atteindre son objectif, Benjamin et ses parents se sont offert l’aide d’un entraîneur privé. Il s’entraîne presque au même rythme que les joueurs du tennis-études. « Je joue 2h et j’ai aussi des entraînements physique avec Vincent, mon frère » raconte Benjamin.
Pour son entraîneur, être à la fédération n’est une condition indispensable pour réussir dans le tennis. « Il n’y a pas une bonne et une mauvaise filière. La fédération prend les meilleurs sur base des résultats. Mais cela ne veut pas forcément dire que sur le terrain, celui qui est sélectionné produit un meilleur tennis. Un joueur peut beaucoup gagner en jouant 3 mètres derrière sa ligne sans rien faire de la balle. Tandis qu’un joueur plus offensif mettra plus de temps à percer » explique David Leveaux, l’entraîneur de Benjamin.
Les champions actuels ont tous suivi des chemins différents passant même parfois de l’un à l’autre. Prenons comme exemple Olivier Rochus, un pur produit AFT qui est maintenant encadré par le BATD. Preuve qu’il n’y a pas un unique chemin à suivre pour atteindre le sommet du tennis mondial.
Perrine Dagonnier
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31.08.2007
La vague des écoles de tennis privées
A côté des fédérations, des structures privées offrent également une formation pour devenir joueur de tennis professionnel. Justine Henin s’est d'ailleurs récemment lancée dans l’aventure en créant avec son entraîneur Carlos Rodriguez, une académie. Le BATD (Belgian Association Tennis Development) a lancé fin des années 80 la vague des écoles de tennis privées. L’association a pour vocation de promouvoir le tennis. Au départ, 3 clubs s’étaient unis dans l’aventure, aujourd’hui, ils sont une trentaine avec notamment une dizaine de clubs dans le nord du pays. Ce qui fait du BATD la seule structure vraiment nationale du tennis belge.
Le but n’est pas ici de construire des champion mais de jouer au tennis quelque soit le niveau. Des cours de tennis comme loisirs pour les débutants à ceux de l’IADT (International Association Tennis Development) pour les joueurs professionnels, en passant par les Team Competition dans les clubs au Young Team pour les plus doués, chacun y trouve son compte.
La Young Team regroupe les 40 meilleurs compétiteurs de tous les clubs appartenant au BATD qui leur propose stages et tournois à l’étranger. Tout cela pendant les vacances. "Il y aussi la possibilité de faire tennis-études mais c’est sur base volontaire, il n’est pas nécessaire d’avoir un certain niveau, juste de la motivation" précise Eric Marquet, le directeur technique du BATD.
En 2004, Olivier Rochus venait frapper à la porte du BATD. Son arrivée a entraîné la mise sur pied du projet IADT. Mission : encadrer les joueurs qui ont le potentiel pour se classer parmi les 100 premiers mondiaux. "L’IADT, c’est un peu la vitrine du BATD. Pour l’instant nous avons Olivier Rochus et Yamina Wickmayer. Les joueurs viennent nous voir et on établit un programme personnel, à la carte. Nous nous occupons de tout ce qui est sportif : coach, tournoi,…" continue Marquet.
Le BATD n’a pas à rougir face à la fédération. De grandes joueuses comme Dominique Monami, en sont sorties. Les petits jeunes rivalisent largement avec les jeunes pousses de l’AFT et de la VTV. "Le niveau du BATD a bien augmenté. Lors des championnats AFT, nos jeunes se sont bien débrouillés. Ils ont remportés 3 titres et certaines finales ont été exclusivement BATD" sourit Eric Marquet.
Justine Henin et son entraîneur, Carlos Rodriguez ont aussi mis sur pied leur structure privée : la Just In Team, une cellule d’encadrement et d’entraînement individuel. Aspect insolite de cette école, elle ne regroupera que des joueurs. La Just In Team est "filles non admises". L’âge minimum est fixé à 18 ans. Des sélections ont eu lieu en août, d’autres auront lieu en septembre. D’ici quelques semaines, une dizaine de joueurs belges ou étrangers feront leur rentrée à l’académie de Justine…dans l’espoir d’égaler son palmarès.
Perrine Dagonnier
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30.08.2007
Témoignage: "Ce n'est pas fait pour moi"
Thomas Berton pourrait aujourd’hui se vanter d’avoir battu Roger Federer. Bien sûr, cette victoire remonte aux catégories jeunes. Aujourd’hui, Thomas a 26 ans et il a suivi une carrière bien différente du champion suisse. Thomas n’est pas très nostalgique quand il regarde jouer Olivier Rochus. « Je me demande un peu ce qui serai passé si j’avais continué mais cela ne dure jamais très longtemps. Ce n’était pas fait pour moi » explique-t-il. Les deux ados étaient ensemble au centre tennis-études de l’AFT de Mons. Ils voyageaient ensemble, partageaient leur chambre d’hôtel, suaient sur les courts…Ils auraient pu avoir le même destin : devenir champion de tennis. Mais Thomas a tout laissé tout tomber : « J’en avais marre, marre du tennis, de la pression, on n’avait pas le droit de faire une pause. Alors j’ai dit : stop » raconte Thomas. Il poursuit : « Quand je suis entré au centre, j’avais envie d’être professionnel, je voulais voir jusqu’où je pouvais aller. Mais je me suis rendu compte que je n’étais pas heureux » Une décision et mûrement réfléchie qu’il ne regrette pas. « J’ai essayé, ce n’était pas pour moi ».
Maintenant, il lui reste les bons souvenirs : « Je me rappelle les voyages et la bonne ambiance. Mais il faut dire que cela fait 10 ans, je prends cela avec plus de philosophie aujourd’hui». Reste aussi l’expérience. « J’ai mûri plus vite, j’ai eu des responsabilités assez jeune, j’ai appris à me dépasser ». Aujourd’hui Thomas est conseiller juridique. Il joue beaucoup moins au tennis, « juste pour m’amuser » précise-t-il. Et il s’est mis au football…
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29.08.2007
De school van de kampioenen
Si avec Kim, les dirigeants de la Vlaamse Tennisvereniging (VTV) ont perdu leur meilleure joueuse, ils gardent néanmoins le moral. La VTV est une des pionniers dans la pratique du sport à haut niveau. C’est en 1981 que le centre tennis-études a ouvert ses portes. Le but : développer le talent de jeunes joueurs dans l’espoir de leur faire atteindre le circuit professionnel. Sabine Appelmans, Laurence Courtois, Kim Clijsters, Xavier Malisse, Kristof Vliegen…sont tous passés par là. Ces noms sont la preuve éclatante de la bonne marche du système.
Le centre de la VTV est basé à Wilrijk près d’Anvers. Il fonctionne de la même façon que celui de l’AFT : le temps est partagé entre tennis et études.
Il y a cependant quelques petites différences. Notamment au niveau de la scolarité. Les élèves fréquentent une topsportschool, une sorte d’école réservée aux jeunes sportifs de haut niveau. "En cours, nous étions 3, donc on pouvait voir le programme habituel en moins de temps" explique Aude Vermoezen, jeune joueuse professionnel et ancienne élève du tennis-études.
Autre différence : le nombre de jours de congés supplémentaires, les joueurs flamands ont un avantage sur les francophones. En tant qu’espoir sportif, ils peuvent s’absenter entre 40 et, pour les plus doués et plus âgés, 140 demi-jours de congé supplémentaires contre 30 chez les francophones.
Comme leurs collègues francophones, certaines heures de leur cursus sont remplacées par des entraînements.
Les exigences sont les mêmes : excellence aussi bien sur les court qu’en classe. "Ils ont l’obligation de faire de leur mieux aussi bien à l’école qu’au tennis. Nous pensons à leur après-carrière. Le sport à très haut niveau est difficilement accessible, nous tenons à ce qu’ils aient un bagage" explique Bernard Dewamme, le directeur technique de la VTV.
Le centre de Wilrijk peut accueillir près de 25 élèves et met à leur disposition plusieurs terrains ainsi qu’une infrastructure compétente composée de préparateur physique, kiné, médecin, diététicien, un psychologue…et bien sûr des coaches qui les suivent en tournoi.
Les joueurs sont un peu plus âgés qu’au centre de Mons puisqu’ils entrent au tennis-études au minimum à 14 ans (contre 12 à Mons). Une fois leur diplôme obtenu, ils peuvent s’ils le désirent et si leur niveau est bon se lancer dans le circuit professionnel avec l’aide de la VTV. C’est le parcours qu’a choisi Aude Vermoezen, 18 ans et pro depuis cette année. "Je joue entre 1h30 et 3h par jour et j’ai aussi des entraînements physique. Le temps se partage entre entraînements et tournois. La VTV m’aide pour mon entraîneur et les compétitions" explique-t-elle. Ils sont 6, à comme Aude, avoir rejoint cette structure. On retrouve notamment Kirsten Filpkens, championne du monde juniore en 2003.
Perrine Dagonnier
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28.08.2007
L'école des champions
Justine Henin, Olivier et Christophe Rochus, Steve Darcis ont en commun de d’être tous passé par le centre tennis-études de l’AFT (Association Francophone de Tennis). Découverte de cette école pas comme les autres. En 1993, à quelques rebonds de Mons, au centre ADEPS de La Sapinette, le centre ligue de l’AFT ouvrait ses portes dans l’objectif de former des joueurs de tennis professionnel. Depuis, les meilleurs espoirs du tennis francophone ont fréquenté cette école un peu spéciale qui leur permet d’allier tennis et études dans des conditions optimales. Justine Henin, les frères Rochus et Steve Darcis en ont été les plus brillants élèves.
Aujourd’hui Laura, Arthur, Estelle…ont succédé à leurs aînés. Ainsi que David Goffin qui à 16 ans est classé B-15.4 (n° 44 belge). Au niveau mondial, il pointe à la 105ième du classement des moins de 18 ans. Il est un des plus jeunes à ce niveau. "Je suis entré au centre à 12 ans. Pour l’instant tout se passe bien. Mon quotidien se partage entre tennis et scolarité. Je vais généralement à l’école jusque 12h40. L’après-midi est consacré au tennis et à la condition physique. Après le repas, vers 20h, c’est l’heure des devoirs" raconte-t-il.
Car oui, les apprentis champions belges doivent encore aller à l’école. Une particularité par rapport à leurs concurrents sur le circuit. Dans beaucoup de pays, notamment aux Etats-Unis et en Russie mais aussi en France, les joueurs arrêtent l’école pour suivre des cours par correspondance. Dès lors, ils ont d’avantage l’occasion de jouer au tennis et de partir en tournoi.
"Parfois des enfants deviennent professionnels déjà l’âge de 10 ans. Ils se retrouvent en tournois à l’étranger 20 à 25 semaine par an et s’entraîne 4 à 5 heures par jour. Ce n’est pas comme ça chez nous. Avec l’école, ils ne peuvent pas jouer toute la journée, ils n’ont pas beaucoup de jours de congés et certains tournois important tombent pendant les examens" commente Jacques Leriche, directeur technique AFT. Une politique qui n’est pas prêt de changer. "Pour nous, le diplôme est important. On ne veut pas qu’un joueur se retrouve 400-450ieme mondial, place où il n’est pas possible de gagner sa vie, sans diplôme. Même dans le Team Pro, qui regroupe des joueurs professionnels, on les encourage à continuer une activité intellectuelle" assure Jacques Leriche.
Mais ce n’est pas tout, les élèves ont aussi une obligation de réussite. Un échec à l’école est synonyme de renvoi du centre. Une sanction qui force les jeunes talents à prendre leur scolarité au sérieux.
Des cours aux courts
Grâce à leur statut d’élite, ils sont dispensés de certains cours ce qui leur permet de s’entraîner. "Je n’ai pas cours de gym ou de latin mais j’ai tous les autres comme math, français, géographie, histoire…" précise David. Ils ont, aussi, droit à 30 demi-jours de congés supplémentaires ce qui leur permet de partir en tournoi à l’étranger.
Après les cours, les écoliers délaissent donc leurs cartables pour leur raquette. Ils jouent entre 10 et 18 heures semaines sans compter les quelques heures d’entraînement physique. "Le volume d’entraînent dépend des tournois, des objectifs, de la forme du moment. Pendant les examens, on diminue aussi les heures de jeu" explique M. Leriche.
Leur évolution tennistique est constamment évaluée et le bilan est tiré en fin de saison. "Chaque année, il y a une nouvelle sélection. Si un joueur ne suit pas la courbe d’évolution qu’on a tracée pour lui, qu’il n’y a plus de résultats, on peut décider de mettre un terme à la collaboration" poursuit le directeur technique de l’AFT qui rappelle que l’objectif essentiel du centre reste avant tout de former de futurs joueurs professionnels. "L’objectif est de les lancer sur le circuit pro à la fin du secondaire. Leur donner une formation pour qu’ils puissent réussir sur le circuit, qu’ils puissent gagner leur vie avec le tennis" explique Jacques Leriche.
Le programme est donc assez lourd pour ces adolescents qui doivent apprendre à se gérer eux même et qui doivent faire face à l’éloignement de leur famille. Ils vivent en effet en internat.
Etre séparé de son enfant n’est pas le seul sacrifice auquel doivent recourir les familles. Celles-ci doivent également supporter une charge financière importante. La formation coûte 6 000 euros pour une année au centre. Une somme qui couvre à peine les frais de logements. La communauté française doit payer un total de 50 000€ par an et par joueur.
Véritable usine à champion ?
Si le centre tennistique de Mons a sorti des champions d’exception comme Justine Henin et Olivier Rochus, cela fait 7 ans qu’aucun joueur issu du centre n’a vraiment percé et passé la barre du Top 100. Steve Darcis est le dernier joueur du centre à pouvoir prétendre à ce privilège. Une partie des joueurs qui sont entrés au centre ont tenté leur chance sur le circuit et faute de résultats, ils ont repris leurs études.
Un tel constat soulève quelques questions. Cette formation coûteuse sert-elle à quelque chose ? Ces joueurs ne gâchent-ils pas une partie de leur jeunesse ? De plus, en sachant qu’arriver au très haut niveau est difficile et que la concurrence est de plus en plus rude, la formation proposée actuellement est-elle suffisante ?
Au tennis, comme dans tous les sports, un match n’est jamais fini avant d’avoir serré la main de l’adversaire. Rien n’est donc joué.
Perrine Dagonnier
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26.08.2007
Entre cours et courts
Une Belge numéro un mondial, des garçons vainqueurs du double à Roland Garros, des jeunes aux résultats prometteurs... Y a-t-il une recette belge? On ne le répète jamais assez: le tennis belge est en train de vivre des moments exceptionnels. Les Henin, Rochus, Clijsters, Malisse et Vliegen ont provoqué un engouement phénoménal pour la petite balle jaune. Les clubs et les tournois de tennis sont légion dans le pays.
La Fédération, scindée en une aile francophone et une autre néerlandophone, a pour mission de promouvoir et d’organiser la pratique du tennis mais aussi de développer le haut niveau.
Le moins que l'on puisse dire est que le système belge a fait ses preuves pour amener des joueuses et joueurs au sommet. Mais comment fonctionne-t-il en réalité ? Comment Justine Henin est-elle devenue la championne que l’on connaît aujourd’hui ? Qui sont nos champions de demain et comment sont-ils formés ? La structure fédérale est-elle la seule façon d’arriver au top ? Est-ce que la carrière de joueur de tennis professionnel est le seul chemin qu'emprunte un joueur doué ?
Pendant toute la durée de l'US Open, nous allons vous faire découvrir, jour après jour, les coulisses des écoles du tennis made in Belgium.
Perrine Dagonnier
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